Mon PSA est stable depuis 10 ans — est-ce suffisant ? Entretien avec le Dr Sioufi
- il y a 18 minutes
- 4 min de lecture
Sandro Rinaldoni a 65 ans. Depuis plus de 10 ans, il fait consciencieusement son suivi prostatique annuel : prise de sang pour le PSA, examen urinaire, débimétrie — et chaque année, il remet à plus tard le toucher rectal, cet examen qu’il redoute sans vraiment savoir pourquoi.

Cette année, son médecin a posé deux nouvelles questions — et Sandro a réalisé qu’il n’avait peut-être pas toutes les réponses. Il a rencontré le Dr Richard Sioufi, urologue certifié à la Clinique Sioufi Urologie à Montréal, pour en parler franchement.
SANDRO — PATIENT, 65 ANS
« Mon PSA est stable depuis 10 ans. À quel moment doit-on vraiment s’inquiéter d’une hausse ? »
DR SIOUFI — UROLOGUE
La stabilité du PSA sur 10 ans, c’est une excellente nouvelle — et elle dit quelque chose d’important sur votre biologie. Mais ce qui compte autant que la valeur absolue, c’est la vélocité : la vitesse à laquelle le PSA augmente dans le temps. Une hausse de 0,75 ng/mL par année, ou un doublement du PSA en moins de trois ans, est un signal qui mérite une investigation plus poussée, même si la valeur reste dans les limites « normales ». La bonne nouvelle : avec 10 ans d’historique, vous avez exactement la courbe dont on a besoin pour surveiller ça avec précision.
SANDRO
« Cette année, mon médecin m’a demandé si mon père avait eu un cancer de la prostate — et il m’a parlé d’IRM pour la première fois. Pourquoi ces deux questions arrivent ensemble après 10 ans de suivi normal ? »
DR SIOUFI
Ce n’est pas une coïncidence. Votre médecin fait son travail de façon très rigoureuse. Les antécédents familiaux au premier degré — père ou frère ayant eu un cancer de la prostate — multiplient votre risque par deux à trois. C’est une information qui change la stratégie de suivi. Quant à l’IRM multiparamatrique, elle est maintenant recommandée avant toute biopsie par les grandes sociétés urologiques internationales. À 65 ans, avec un suivi de 10 ans et possiblement un antécédent familial, votre médecin a raison de se poser la question. L’IRM ne fait pas mal — et elle peut éviter une biopsie inutile ou, au contraire, en confirmer la nécessité avec une précision accrue.
SANDRO
« J’ai eu une cystoscopie à un moment. C’était quoi exactement — et est-ce que ça fait partie du suivi standard ? »
DR SIOUFI
La cystoscopie, c’est un examen où on introduit un fin tube muni d’une caméra dans l’urètre pour visualiser directement la vessie et la prostate à l’intérieur. Ce n’est pas un examen de dépistage standard — c’est un examen diagnostique. On le prescrit en cas de sang dans les urines, de symptômes urinaires persistants, ou pour évaluer l’urètre et le col vésical. Si vous en avez eu une, c’est que votre médecin avait une question précise à répondre. Elle se fait en consultation externe, sous anesthésie locale, en quelques minutes. L’inconfort est réel mais bref.
SANDRO
« Chaque année, j’oublie — ou j’évite — le toucher rectal. Est-ce vraiment nécessaire quand le PSA est stable ? »
DR SIOUFI
Je comprends la résistance — c’est l’examen que tous mes patients redoutent le plus, et pourtant c’est celui qui prend 15 secondes. La vraie réponse : oui, il reste pertinent, même avec un PSA stable. Certains cancers de la prostate évoluent sans modifier le PSA de façon significative mais sont palpables au toucher rectal. Le toucher rectal permet de détecter des nodules, des durcissements ou une asymétrie de la glande que le PSA ne verra pas. C’est le duo PSA + toucher rectal qui donne la vision complète. Pour les hommes de plus de 60 ans, les recommandations internationales maintiennent les deux.
SANDRO
« Si demain on détecte quelque chose — quelles options existent aujourd’hui qu’on n’avait pas il y a 10 ans ? »
DR SIOUFI
Le paysage a radicalement changé en une décennie. Il y a 10 ans, face à un cancer localisé de la prostate, les options principales étaient la chirurgie radicale ou la radiothérapie — deux traitements efficaces, mais avec des effets secondaires importants sur la continence et la fonction érectile. Aujourd’hui, les thérapies focales permettent de traiter uniquement la zone tumorale avec une précision anatomique remarquable, en préservant les structures environnantes. À la Clinique Sioufi Urologie, nous offrons le traitement NanoKnife — une technologie par électroporation irréversible — disponible en clinique privée. Pour beaucoup de patients bien sélectionnés, c’est un équilibre entre efficacité oncologique et préservation de la qualité de vie que la chirurgie traditionnelle ne pouvait pas offrir.
SANDRO
« Un message pour les hommes de 65 ans qui font leur PSA mais pensent que c’est suffisant ? »
DR SIOUFI
Bravo d’abord — faire son PSA chaque année, c’est déjà beaucoup mieux que la majorité des hommes de cet âge. Mais le suivi prostatique complet, c’est aussi le toucher rectal que vous n’avez pas fait, la conversation sur vos antécédents familiaux, et parfois une IRM de référence pour avoir une image de base. Ce que je dis à mes patients : ne laissez pas l’inconfort ou la pudeur décider de votre santé. Une consultation chez un urologue spécialisé, sans liste d’attente, sans référence médicale — ça prend une après-midi et ça peut changer le reste.
Prenez rendez-vous à la Clinique Sioufi Urologie Vous avez plus de 50 ans et souhaitez un bilan prostatique complet ? Ou vous avez des questions sur votre suivi actuel ? Consultez le Dr Sioufi à Montréal ou à Châteauguay — sans référence médicale, sans délai. 📍 Montréal (Westmount) | Châteauguay | sioufiurologie.com/nous-joindre |



